Soyons honnête. Forcement, quand j’ai appris que Emmanuelle Seigner avait sortie un disque, j’ai ricané. « Ah ah parce qu’elle chante elle en plus ». Et pourquoi pas Agnes Jaoui ou Richard Bohringer tant qu’on y est ! Et puis on ferrait faire du cinéma à Johnny ! Vous imaginez le tableau ?
Pourtant, bien obligé d'admettre qu'une fois le très velvetien Sing sing porté à mes oreilles, mon avis à complètement changer. A l'écoute de leur (excellent) disque, on oublie très vite Emmanuelle Seigner, actrice, pour ne retenir qu'Emmanuelle, chanteuse d'Ultra Orange & Emmanuelle. Groupe à part entière qui mérite toute notre attention, bien loin du discret buzz promo qu'il a pu engendrer. Leur premier album, dont le vinyle tourne en boucle chez moi depuis quelques temps déjà, étant très bon, ce concert présentait un sérieux intérêt.
Pour rappel, Ultra Orange & Emmanuelle c'est la rencontre entre la célèbre actrice et le duo électro rock Ultra Orange. Le groupe ayant choisit d'effectuer une résidence au Cargo de nuit afin de préparer sa tournée, c'est donc tout naturellement à Arles qu'ils ont donnés leur tout tout premier concert. Oui oui, en avant première mondiale, s'il vous plait.
Je n'étais jamais aller au Cargo de nuit, que j'imaginer comme une grande salle au centre d'une zone d’activité (allez savoir...). J'ai était très agréablement surpris. Située dans un joli quartier à l'entrée d'Arles, la salle est facile d'accès, on s'y gare facilement et on peut trouver à manger juste à côté. L'intérieur est classieux, divisé en bar / salle, ambiance un peu bobo. La salle en elle même ressemble à un Poste à Galène en plus grand, bon son, pas trop fort, pas trop chaud (même pas du tout), grand et intimiste à la fois. Super salle.
Après ce petit guide touristique place au concert. La salle n’est pas énormément remplie mais il y a quand même du monde. Le public est majoritairement composé de trentenaire, un peu bobo artoche. Paisible et probablement autant attiré par Emmanuelle Seigner que par la musique du groupe en soit. Je tiens à signaler que pour un marseillais, le traumatisme est grand ! Le concert a non seulement commencé (presque) à l'heure, mais en plus s'est fini tôt (22h30), ce qui un soir de semaine est un pur bonheur.
Bref. Le groupe débarque sur scène, rapidement suivi d'Emmanuelle. La première chose qui frappe c'est leur nombre. Sur scène, Ultra Orange est un groupe à géométrie variable. Alors que le disque est le fruit d'un trio, ils sont - pour les besoins du live - cinq sur scène. Aux côtés d'Emmanuelle Seigner, Gil Lesage et Pierre Emery on retrouve ainsi un bassiste et un batteur. Mais cette formation varie au gré des morceaux et des besoins.
Sur les premiers titres, Emmanuelle ne chante pas très juste et semble avoir le trac (il faut rappeler que c'est son premier concert). Heureusement la qualité de son chant ira en s'améliorent tout au long du set, pour finir épatant et libéré sur le rappel. Elle a une bonne présence, quoique encore maladroite. Mais c'est aussi ce qui fait son charme, à l'image de son anglais au joli accent français qui la où il pourrait plomber l'ensemble, lui donne au contraire un irrésistible côté craquant et sexy.
Debout derrière son pied de micro au départ, elle s'en affranchie vite pour devenir plus remuante et danser. Les morceaux de l'album s’enchaînent, le tube Sing sing passe en deuxième, personnellement je retiens plutôt les excellents Bunny et Touch my shadow. Au milieu du concert, Emmanuelle reste seule sur scène avec Pierre Emery pour un duo à la guitare acoustique sur deux morceaux (dont un inédit). Le groupe enchaîne sur quelques titres avec une seule guitare, avant de nous offrir un jolie duo Emmanuelle Seigner / Gil Lesage au chant, sur le seul morceau en français (inédit et excellent).
Le rappel nous donne droit à deux nouveaux morceaux, un premier en formation duo acoustique avant l'explosion finale sur l'excellente Won't lovers revolt now. Le groupe se retire après une heure pile de concert (pas mal pour un premier concert) et surtout après avoir épuisé son stock de morceaux.
Musicalement, on oscille entre une folk 60's, quelques touches psyché, un rock plus classique, mélancolique, alternant morceaux calmes et nerveux. L'ensemble est trépidant et fait danser le public. J'ai trouvé que sur scène, hormis un ou deux morceaux, ça sonne moins Velvet que sur disque (quoique je n'ai jamais vu le Velvet sur scène). En tout cas pour un premier set, malgré quelques imperfections que l'on pardonnera sans soucis, c'était très agréable. Emmanuelle Seigner est sympa, communicative, le groupe très bon, l'ambiance intimiste, et on a eu droit à pas mal d'inédits. Du tout bon !
Zhou
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