Les Cute Lepers de passage pour la première fois à Marseille, date unique en France que tous le pays doit nous envier (on peut rêver), vous l’avez compris : date immanquable et peu importe qu’il fasse moins onze millions de degrés dehors, qu’on soit lundi et qu’à l’approche de Noël tout le monde soit pauvre.
Je décroche péniblement de Primeval, je prends mon courage, mon blouson et j’arrive à un horaire de semaine : 22h30 - le week end je serais surement venu à 4h du matin - pile pour le début des Dolipranes. Ca tombe bien j’avais peur d’être malade. Désolé. Malgré ces blagues de plus en plus moisies la Machine est correctement remplie pour un jour de semaine, un groupe pas si connu que ça et un tarif un peu plus élevé que d’habitude (mais légitime). L’assistance est de la première fraicheur. A part quatre ou cinq « anciens » il n’y a que des jeunes, voire des très jeunes. Etonnant.
Qu’on se le dise, The Dolipranes est un groupe à rouflaquettes. Quoique le bassiste serait plutôt le sosie de Steve E. Nix avec quelques années de moins. Possible que ce soit comme dans Retour vers le Futur et qu’on se retrouve avec deux lui de deux époques différentes au même moment. A part qu’il y en a un qui a l’accent marseillais. Quoiqu’il en soit, les Dolipranes ont balancés un bon vieux rock bien rétro, enfin plutôt du punk rock, ne chipotons pas sur les étiquettes.
Bien qu’un peu trop linéaire dans le registre (j’ai pas rêvé ils ont bien joués deux fois le même morceau ?) les Dolipranes m’ont plus qu’agréablement surpris. Un set nerveux, foncièrement rock’n’roll et primaire. Genre punk rock agité et convulsif. Première fois - selon ma très faible mémoire - que je les vois et c’est du tout bon. Pourtant certains observateurs avisés qui les connaissent bien m’ont dis que c’était un soir sans… Ca promet !
The Cute Lepers ! Steve E. Nix & The Cute Lepers c’est l’exacte prolongation des derniers albums des Briefs dans leur (mauvaise) trajectoire du punk influencé pop vers la pop un peu punk.
Steve E. Nix et son pote des Briefs, Steve Kicks, ont toujours les mêmes têtes hallucinées avec leurs putains d’yeux exorbités effrayants. Enfin un peu moins tout de même mais ça reste carrément flippant des gueules pareilles. Comme il n’y a pas qu’eux et que ce soir ils sont venus en nombre, on retrouve à leurs côtés un autre guitariste, un batteur et deux choristes. Du monde donc.
Il y a deux ou trois ans j’avais bien accroché à leurs deux premiers 45T (Terminal Boredom et So Screwed Up) bien que ça sonnait copie conforme des Briefs. L’album avait confirmé la (bonne) impression mais en ajoutant une nuance beaucoup plus pop travaillée pas dégueulasse mais un peu lisse. Depuis ils ont sortis un second album, ce que j’ignorais, qui après écoute se relève plutôt bon mais très inégal.
Donc ! Sans surprises ils ont attaqués par Terminal Boredom et son riff de départ calqué sur celui du Neat Neat Neat des Damned. De quoi commencé avec hystérie. Le public ne s’y est pas trompé et tous les jeunes fous se sont sautés dessus comme des damnés. Derrière ils ont enchainés un bon mix de morceaux issus des deux albums qui contiennent pas mal de pépites et que je ne vous citerai pas parce que ça m’obligerait à réfléchir.Bon je ne vais pas me répéter mais les Cute Lepers c’est les Briefs dernière époque, tout pareil, même rythmique épileptique, même chant atypique mais dans une version plus pop, plus travaillé que les morceaux de junkies primitifs et hypnotiques des Briefs (putain ce que c’était bon). Sans vouloir être trop péjoratif (mais avouons le c’est quand même le gros défaut du groupe), les Cute Lepers c’est parfois un peu trop gentil.
Il y a des morceaux nerveux et spasmodiques à l’ancienne, des merveilles pop irrésistibles au tempo plus lent et donc… Quelques titres pop un peu trop mièvres. Une minorité qui ne gâche pas le plaisir de se trémoussé comme un possédé mais qui a fait fuir vers le bar une grosse moitié de la salle (la plus vieille bizarrement).
Un autre débat considérablement essentiel a aussi porté sur l’intérêt / utilité des deux choristes. Certes elles jouaient du tambourin (ça vaut ce que ça vaut hein), mais - contrairement au disque - on ne les entendait pas du tout les très rares fois où elles tentaient de faire les chœurs. Il est donc fort probable que l’intérêt principal de ces deux jeunes demoiselles (la latino tigresse et la pin up rétro) soit plus visuel que sonore. Si c’est pas machiste ça !
Bon en tout cas super soirée et super moment tout de même, ça fait bien plaisir de croiser les Cute Lepers dans le coin. Les Briefs eux sont en stand by et éprouve comme beaucoup d’autres groupes mondialement connus à Marseille la difficulté d’avoir un de leur membre en Allemagne.
Au fait, encore désolé pour la blague du Doliprane et merci à Wombat d'avoir organisé ça.
Zhou
>> Retour au sommaire <<