Agrandir

Mardi 3 Août 2010 - 20h30 - O'Bundies - Marseille

Odyssey - A Different Day - Carpathian - Ruiner

 

Quatre jours de passés depuis le concert, et toujours une barre dans le crâne, Dieu que ce fût épique !

Forts du succès des Civet six jours avant, et mis en confiance par de nombreuses personnes de tous horizons expliquant qu’elles viendraient coûte que coûte au concert, on (Chavana, Bad Mood, What we Believe, le FTC, Alex WYB et Massilia’s Burning !!!, tous regroupés sous le doux nom de "Massilia’s Army") a appréhendé l’évènement avec un peu de sérénité, et juste ce qu’il faut de sérieux…

C’est donc ainsi que même pas 24h avant l’évènement, on se retrouve, Vince Dirty Wheels, Norman Odyssey, Hazem « oui oui c’est bon tout est en place » à déblayer le sous-sol du Bundies à 23h, virer les gravats, nettoyer et trier tous les câbles, arracher des morceaux de murs, etc etc…

Opération que je répèterai seul le lendemain midi, une fois les courses faites, avec Hazem qui avorte une tentative de sieste pour aller vite pécho une ampoule pour un spot cramé. Au final à 16h, quand je me barre préparer la bouffe, la salle du bas est clean comme jamais elle ne l’a été, la loge est dans le même état, on a gagné 10m² et endigué 30 risques sanitaires majeurs vu c’qu’on a sorti… Si la grippe A est toujours active, elle est désormais dans un container rue d’Italie.

Au final cette opération a été salutaire, parce que PU-TAIN du monde, y’en a eu !! Ouverture de la caisse à 21h, fermeture aux alentours de 23h, et 105 entrées payantes au final, à ceux qui en doutaient, oui, oui tout ce beau monde rentre - en plus des groupes et de l’orga -, même si ce fût compliqué !

Les Odyssey ont attaqué devant un public déjà bien présent, pour une deuxième ça le fait (la première au même endroit était devant une assistance plus clairsemée), malheureusement à part vous dire que dans ce groupe l’aîné voyage bientôt avec la carte vermeil et le plus jeune a une carte Bagoo, qu’un des guitaristes a un élevage de furets, le batteur le titre de personnalité la plus joviale (et hyperactive) dans l’univers musical du 13, et le bassiste le rôle de canaliseur de toute cette folle énergie… J’ai pas vu un morceau pour cause de caisse à remplir.

Odyssey

Pour A Different Day, je rate les premiers morceaux, et quand je descends, je crois que je vois leur meilleur set, devant une salle pleine, une chaleur terrible et un bien beau bordel devant… Pu-tain que c’était bon, les morceaux prennent de la puissance, de l’agressivité, sans perdre en mélodie et en rythme, ça devient urgent qu’on entende l’album, on est plusieurs à espérer l’acheter en septembre ! Le truc c’est que le groupe trouve de plus en plus sa griffe, on est en train de franchir le cap du « conventionnel mais efficace » pour tendre vers un son plus personnifié, ça promet !

A Different Day

Désormais entre eux, Wake The Dead, Odyssey, Hate in Front..., et en espérant que d’autres empruntent la même voie, il commence vraiment à y avoir une chouette scène Hardcore sur Marseille, où règne la bonne humeur… Si ça peut inspirer les gamins, et si le public peut rester dans le même esprit, à des années-lumière de la scène antérieure, totalement sclérosée par les messes basses et attitudes de loosers, y’a de quoi rester super positif sur l’avenir à moyen terme ! Pourvu que les partisans imbéciles du « c’était mieux avant » restent chez eux à jouer à la Play tandis que les scènes Punk et Hardcore continuent de vivre…

Carpathian, c’est à mon goût l’un des meilleurs groupes de Hardcore Punk en activité. Puissant mais froid, costaud mais ambiant, on ressent aussi bien les influences du mouvement qu’un aspect mélancolique et atmosphérique directement issu des groupes à penchant suicidaire comme Joy Division (écoutez l’album Closer de l’équipe au génial Curtis, puis Spirals de Carpathian, c’est assez évident à cerner) ! Ici à Marseille, dans une salle bondée, ils ont envoyé la guerre, l’album Isolation et le dernier 45t Wanderlust ont été quasi-épuisés tous les deux par les australiens, totalement dans le coup malgré la fournaise de la salle ! Public heureux qui saute sur le micro, chaleureux applaudissements, madre de dios, c’est trop bon de voir ça à Marseille !! Le set se termine et aussitôt le merch est pris d’assaut, je reviendrai à la charge plus tard, pour le moment un besoin d’air pur devenu vital me fait ressortir des bas-fonds, avant d’enquiller la suite avec les gentils Ruiner…

Carpathian

Bien, une fois que le Vand (mon jumeau de t-shirt) a dégoupillé sa grenade sur des putains de niqueurs de kangourous, il est temps de passer aux choses sérieuses : les roux ! Enfin le roux, parce qu'il n'y en a qu'un ! Il est petit, roux, ne viens pas de Boston, mais il est à ranger aux côtés des plus grands frontman du Hardcore made in Bridge Nine, WoW et compagnie.

Ruiner, un côté autistes assez prononcé, pas vraiment le genre à faire des blagues ou sourires. Plutôt le genre qui tuent des ours à mains nues et se lèchent les doigts. Enfin des geeks qui tuent des ours à mains nues. Bref, pas super aimable de prime abord, pas top communiquant, un poil coincé (le chanteur a refusé que je lui fasse l'amour dans les loges, enfin le cagibi, du O'Bundies) mais quand même cool vu qu'ils m'ont filé le vinyle du dernier album. Accessoirement, à mes yeux, c'est le meilleur groupe de Hardcore en activité. Plus pour longtemps vu que c'est leur tournée d'adieu, mais ça devait être dit. Ruiner c'est monstrueux.

Carpathian

Dans la fournaise tough guy du O'Bundies, le set a tenu ses promesses. Court, intense, surpuissant. Surtout mêlant avec bonheur l'ensemble de la discographie, on va pas se le cacher, le meilleur reste What Could Possibly Go Right, premier 45T et sans problème dans le top trois des meilleurs disques de Hardcore. Si vous voulez tater du Ruiner, chopez donc I Heard These Dudes Are Assholes, 33T qui réunit ce que Ruiner a fait de mieux. Claque garantie.

Objectivement pas le meilleur concert que l'on puisse voir, mais Ruiner + bonne ambiance + très chaud, ça donne forcément quelque chose d'énorme. Et puis merde, ça y est ! Ruiner c'est fini. Ils rejoignent au panthéon les Verse, Champion, Have Heart, Final Fight, In My Eyes et co. Ca fait chier.

Carpathian

Après le concert on décide de faire l'habituelle balade touristique à la plage. Manque de bol, pour un 3 août, il fait un froid inimaginable ! On retiendra tout de même un "Oh my God" légendaire du batteur de Ruiner à l'évocation de la présence proche du bowl de Marseille. S'ensuivra donc une session de skate nocturne avec les autochtones locaux (cliquez ici pour la plus énorme vidéo de skate de tous les temps... Ah ah). Quant à moi je rentre chez moi à pied. Et chez moi c'est loin.

Vand & Zhou


Photos :
Nico Chavana


>> Retour au sommaire <<