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Samedi 12 Mars 2005 - 21h - Escale Saint Michel - Aubagne

Where's Captain Kirk ? - The Elektrocution - Neurotic Swingers



Petit évènement à Aubagne avec la venue des Neurotic Swingers. Un concert du plus glam des groupes de punk'n roll marseillais à seulement cinq minutes de la maison c'est presque trop beau. Jusque la, en cinq ans, seule mon ex avait réussie à me faire rater des matchs au stade (et même le seul concert des Neurotic à Marseille l'an dernier), mais rien du tout, cette fois un OM-Lens ne me fera pas rater les Neurotic Swingers ! D'autant que je ne les avaient plus vus sur scène depuis le Lollipop's burning du Balthazar en décembre 2003. Bref c'est à l'heure (pour une fois) que Gas et moi rejoignons Vand devant la MJC d'Aubagne, lieu relativement incongru pour un concert comme ca.

La salle est peu remplie quand le premier groupe de la soirée attaque son set, en l'occurrence les marseillais de Where's Captain Kirk ?, groupe électro-surf-punk composé de Block Man aux machines, d'un guitariste (Michel des Cowboys from outerspace), d'un chanteur et d'une chanteuse parfois accompagnés de cuivres. Je les avaient rater plusieurs fois sur scène, c'était donc une découverte, ma foi fort agréable. Ca balance bien, c'est très dansant, énergique et stylé rock'n roll avec un duo au chant qui dispose d'une bonne complicité. L'ensemble du groupe semble heureux d'être sur scène et s'éclate ce qui fait toujours plaisir. Michel, guitariste des Cowboys balance quelques bons gros riffs (notamment une intro qui déchirait pas mal) sur les sons de Block Man pendant que les deux voies rivalisent de style rock'n roll pour faire danser tout le monde. Sur certains morceaux ils sont rejoint par des cuivres qui ajoutent un côté festif réjouissant. Bref un très bon moment avec un groupe pour le moins original qui ne manque pas de personnalité.

Viennent ensuite The Elektrocution de Rouen, le groupe garage qui (parait-il) monte. D'entrée le quintet en met plein la figure avec son gros son qui claque fort et vite. On pense immédiatement au premier Hives aussi bien pour le son et le chant que pour l'attitude du chanteur qui me rappelle énormément celui des suédois. Si musicalement sans être d'une originalité fracassante ça claque bien, c'est surtout la bonne présence scénique du groupe qui fait plaisir. Le chanteur saute partout et prend des attitudes très "typées" pendant que ses compères rythmiques sont intenables. A ce sujet c'est vraiment dommage que le groupe peine autant dans ses enchaînements, vu le son vif et sans concession qu'ils balancent, les gros temps mort entre les morceaux ont tendances à briser l'élan. Et puis trop de blabla entre les morceaux ça casse le charisme des groupes du style qui excellent quand ils enchaînent à tout va. Je l'ai sûrement halluciné mais il me semble que Raph des Neurotic a dit à un moment "on est sexy et mystérieux", voila qui est un beau résumé de l'attitude a avoir. Mais je l'ai peut être rêvé ca. Bref, sortie de ça The Elektrocution ça reste ma foi un groupe qui déchire bien grâce à son garage punk vif et puissant, sa bonne présence sur scène et son guitariste chevelu qui pousse des hurlements qui m'ont marqués.

C'est au tour des Neurotic Swingers de venir nous achever ce soir. Putain depuis le temps ça m'avait manquer ! D'entrée c'est un autre niveau, les Neurotic Swingers transpirent le rock'n'roll avec tout l'arsenal qui va avec, de la chemise déboutonnée aux poses stylées en passant par les morceaux courts et nerveux. Un groupe qui se la pète avec son Punk'n roll 77 jouissif de pure classe où les morceaux sont exécutés à la chaîne sans le moindre temps mort. Musicalement rien à redire c'est un rouleau compresseur, le petit bémol peut à la limite venir des chants un peu moins péchus qu'en temps normal mais j'ai particulièrement apprécié celui de Stephane. Sur scène ça reste un bonheur pour les yeux entre un Pascal bondissant passant en revue l'abécédaire de l'attitude rock'n roll avec le trainage par terre, la guitare à genoux, le jump de grosse caisse ou encore le piquet glorieux devant la scène. Les deux autres ne sont pas en reste n'hésitant pas à ce collé tous ensemble pour certains refrain. Le must restant pour moi quand les deux guitariste ce colle sur le devant de la scène dans un grand élan de poseur. La classe tout simplement.

Le groupe n'a pas non plus lésiné sur les morceaux, ouvrant sur une zique instrumentale me rappelant le Riot ! des Dialtones puis enchaînant morceaux de Artrats, What's your definition of underground ?, inédites de la compil French Fries et morceaux inédits du prochain disque. Ainsi on a pu entendre pléiade de morceaux cultes avec I'm just losing my soul (merveilleuse), la tonitruante Night Riders, la posée et cultissime Girl in a broken car, Go back home, Shake me, Party killer, What's your definition of underground ?, Please hate me, '77, La reine du vide, 7 drugs in 7 days, des inédites (dont je ne connais pas les noms) et peut être une ou deux autres que j'oublis. Sans oublier un rappel qui sera l'occasion de jouer Nineteen des Dogs dédicacé forcement aux Elektrocution. Le tout exécuté à cent à l'heure, sans temps mort et dans une attitude furieusement rock'n roll. Bref que du bonheur.

Si l'ambiance a eu du mal à démarrer en grande partie à cause du peu de monde présent et de la confection de la salle, le public se sera enflammé avec les Neurotic. Les gens dansant frénétiquement pendant que quelques pogos éclatés dans un coin de la salle (avec forcement Vand dedans). Dommage que l'Escale ne soit pas forcement propice à ce genre de concert de par sa taille (trop grande pour le peu de monde) et sa scène surélevé qui coupe un peu les groupes du public. Enfin bon c'était quand même une très bonne soirée placé sous le signe du rock'n roll, ce qui commence à manquer dans le coin. Et puis il faut le dire, les Neurotic Swingers c'est un putain de bon groupe de scène.

Zhou


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