En entrant dans un Balthazar un peu grand ce soir (comme tout le quartier qui paraît assez vide - préparation rugbystique peut-être ?), on se dit tout de suite qu'il y a vraiment beaucoup de membres de Lo ! La mêche est vendu assez vite : Wok n'existe plus depuis tout récemment, ce seront donc nos estimées pistoleros du rock exigeant qui les remplaceront au pied levé. A l'écoute, le groupe disparu ressemblait à de la bonne imitation de PJ Harvey, mais à de l'imitation quand même, on a donc pas forcément perdu au change, puisqu'on venait aussi revoir avec plaisir les Ich Bin Dead.
Trois semaines à peine qu'on a vu Lo dans un set de comeback surexcité à la Machine à Coudre avec les bad boys azuréens Eon Megahertz, tandis qu'on avait pas re-checké les performances d'Ich Bin Dead depuis une pétaradante première partie des très convaincantes Plasticines ...
Bref Lo qui affiche avant concert un certain manque d'enthousiasme, commence tout de même sur les chapeaux de roue, pompant discrètement un riff d'Iggy Pop au passage, et affichant assez vite lses toujours efficaces tubes Girl et 50 Matches, pour notre grand plaisir, ainsi que beaucoup de chouettes nouveautés de leur très attendu deuxième LP. Le son est réglé assez haut et fort, et les amplis derrière le guitariste Yann trembleront de façon un peu inquiétante pendant tout le concert.
Passage plus casse-gueule, pour eux comme pour nous, leur fameuse balade contractuelle (Hollywood ?). La composition est bonne, plutôt couillue, et leur est chère, mais il est vrai qu'avec un public clairsemé c'est un peu risqué. Quoi qu'il en soit Lo reprend la main pour un final motivé (Isa finit branchée sur du 220 volts, comme toujours agité de tremblements épileptiques), à base d'inédits efficaces (Nobody Home, Kingdom Comes) et avec un finish sur Black Kites qui reste à ce jour leur climax et le nôtre ! Concert plaisant et en place donc, surtout pour un remplacement, sans pains particuliers malgré une partie du matos empruntée au groupe suivant, mais difficile de les en convaincre tant ils ont décidé que c'était pas vraiment leur soir...
Setlist de Lo :
Op 8
Zero
Drugs & Coffee
Girl
50 Matches
On Every Home
Hollywood
Machine Girl
Nobody Home
Kingdom Comes
Black KitesUn peu inquiet lui aussi ce soir, le guitariste Rudy rappelle que la qualité générale d'un concert d'Ich bin Dead dépend fortement de l'état de Mat le batteur. Or celui-ci paraît assez chaud ce soir (quoique pour une fois, on comprend encore bien ce qu'il dit !), mais il tiendra heureusement ses fûts avec la rigueur et la rugosité habituelle. Pendant ce temps Pascal vient frimer devant la scène, la grande Axelle s'empare du micro avec sa gouaille gueularde habituelle et le groupe enchaîne les chansons de son efficace démo : Pussynetta is allright, Happiness pills, etc.
My fiction part tranquille pour finir très énervée - le public s'échauffe un peu, et plus encore sur deux chansons en français (rappelons que ce groupe est le seul en local à avoir les c... d'en faire) : la rigolote Hôtesse de l'Air (Vive la Fête n'est pas loin, rendz-vous la semaine prochaine !) et la très excitante et disco-punk Conte de Fées ! Pendant ce temps les deux crypto-bassistes frustrés se répartissent équitablement et avec un plaisir non feint, les munitions de riffs de guitare sauvages et beaux, comme sur la stoogienne The Way I Feel.
On note que les Lo commencent à s'échapper, tels des rats quittant un navire qui tient pourtant bon la barre - si la salle est à moitié remplie et aux 2/3 enthousiastes, c'est aussi grâce à eux - tandis qu'Axelle défend avec brio sa Chuchumita et un excellent titre en allemand décérébrant, Warum Nicht (on a seulement compris "Ich heisse Sophie Marceau" et deux trois autres noms de stars). Le set se finit avec Pascal à genoux sur un Warsaw toujours mystérieux (n'évoquant a priori ni Bowie, ni Joy Division) mais très enthousiasmant.
Fait incroyable, le groupe revient même pour un rappel où il rejouera, sauf erreur, Hôtesse de l'Air et Chuchumita avec la même verve (à noter un bémol : on n'a pas vu les genoux de Rock'n'Rud se toucher...). Bref on ne sait pas trop ce qu'ils foutent en studio, mais si un jour Ich bin Dead se décide à sortir un disque, on l'achètera volontiers, d'autant qu'ils ont notablement progressé depuis leur démo !
Bref on se quitte donc contents, après deux très bons concerts, en ayant trouvé comme seule explication satisfaisant à l'absence du public rock de Marseille : soit la concurrence du très space Jad Wio au Poste, soit une passionnante émission de Thalassa sur le trafic de conteneurs dans le Canal de Panama. Le mystère reste intact.
Setlist de Ich Bin Dead :
Borderline
Pussynetta is Allright
Happiness Pills
My Fiction
Hôtesse de l'Air
Degage
Conte de Fées
The Way I Feel
Chuchumita
Warum Nicht
WarsawLive report paru initialement sur Live in Marseille.
Philippe
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