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Jeudi 3 Septembre 2009 - 21h - La Machine à Coudre - Marseille

Conger ! Conger ! - F.A.T. - Ed Mudshi

 

Deuxième soirée enchaînée à la Machine ! Après la musique légère d’hier soir, place à la folie créatrice du duo le plus « hors-catégorie » du Rock marseillais…Bon, ce devait être une Release Party, ça sera simplement un concert puisqu’un souci avec le presseur (ou le label ?) nous privera de leur nouvelle galette.

Le temps de dire bonjour aux collègues, de discuter avec un Pingouin qui me raconte qu’il s’est égaré un mois en Mongolie (le « Khân Pinguin » qu’il faudra l’appeler désormais), et je choppe le dernier morceau des F.A.T., morceau furieux avec un combo composé - je crois - des traditionnels guitare-basse-batterie ET d’un saxo, avec des gueulantes bien senties au milieu de tout ça. Sur mon impression des trois dernières minutes c’était excellent, mais Stef’, qui a vu le set en entier, sera moins emballé, à revoir donc.

Ensuite tout le monde va se prendre une BAFFE dans la gueule, un truc de MALADE avec les Conger ! Conger !... Il est des groupes difficiles à cerner quand bien même on a une excellente culture musicale. Et moi, mon problème, c’est que même cette culture, je ne l’ai pas. Il est néanmoins de mon devoir de dire que ce trio, avec batterie en avant (le batteur est également le chanteur), vous distille un Rock (?) qui puise dans une infinité de genres et sons, tantôt dans le voluptueux (voix douceureuse pas loin du premier Nosfell venu), tantôt dans des parties d’une puissance démoniaque, avec une frappe batterie à faire pâlir bon nombre de costauds métalleux ! À noter la tonalité « ambiante », Norman me fera remarquer (en plus du fait qu’il y voit un peu de Tomahawk, l’un des Side-Projects du légendaire Patton) la sonorité limite Drum’n’Bass du bassiste, on est pris dans le trip, et on se régale des expérimentations des musiciens (sans être exhaustif : le chanteur qui martyrise sa gorge, les excellents samples qui accompagnent par moment les morceaux, le gratteux qui fait je-sais-pas-quoi sur sa gratte, avec pour résultat un son de l’espace…).

Moi qui globalement décroche au premier morceau de plus de 5 minutes, là l’exploration d’un registre à un autre me fait tenir jusqu’au bout du set (un poil trop long cependant, j’étais cramoisi de chaleur, lorsque les Ed Mudshi ont démarre vers minuit) !

Ainsi donc le duo n’a pas d’albums à vendre, pas grave, sitôt leur premier titre achevé, les Ed Mudshi balancent en chantonnant « vive le vent » une dizaine de CDR pochette papier scotché, pour combler le public chanceux que nous somme ! Si j’en crois la légende inscrite, il s’agit de titres enregistrés à Tijuana, Mexique, en Septembre 08… Chronique à paraître prochainement, en guise d’apéro pour l’album ?

Le duo est toujours impressionnant à voir sur scène : outre le sujet archi-rebattu qu’ils sont tous deux démoniaques sur leurs instruments respectifs (l’accélération en guise de conclusion sur un morceau au milieu du set m’a totalement scotché, putain quel jeu de dingue !), on apprécie toujours autant le chant, globalement sans queue ni tête (« l’amour est un bouquet de violettes qui pourrit dans le salon »), l’attitude anti-héros (batteur pieds nus et haut Kalenji © sexy, gratteux chemise imprimés zébrés/léopard, en chaussettes), le rythme global des morceaux, lesquels ont beau être destructurés, on parvient quand même à se caler et à remuer la tête taper du pied avec frénésie…

Leur set va durer moins longtemps que pour les Conger, mais cela fait bien longtemps que je ne suis pas sorti aussi tard de la Machine ! Le temps de boire un dernier coup avec Norman, de sortir respirer de l’air frais dans la rue John Rock, et j’me rentre lessivé à la maison… Putain de bonne soirée.

Vand


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